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Art à part – les coups de cœur de Frédérick Moreau

Art à part – les coups de cœur de Frédérick Moreau

Écrit par
Frédérick Moreau
le
27 mai 2020

Tout probablement comme vous, les AMIS pratiquent la distanciation sociale. Mais désirant toujours bien vous servir et faire en sorte que vous puissiez rester connecté·e·s à votre culture, nous vous faisons part de ces recommandations.

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Art à part – les coups de cœur de Frédérick Moreau

Frédérick Moreau à l'ouvrage lors de la production de la pièce Relie(r) les étoiles. – photo : Patrick Simard

Aujourd’hui dans nos coups de cœur, nous avons invité le metteur en scène (bash,Relie(r) les étoiles), professeur et médiateur culturelFrédérick Moreau – que vous aurez pu apercevoir récemment dans sa capsule de notre projet Racontons nos histoires ensembleet dont vous avez peut-être lu l’article sur la médiation culturelle dans nos « pages »– à vous parler d’une initiative qui l’a marqué en cette période de crise. Il s’agit d’un projet de l’École nationale de théâtre, qui a fait sa modeste part pour soulager les mauxs du milieu des arts de la scène, histoire qu’ils puissent encore être vivants quand nous serons complètement déconfinés.

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Après presque trois mois de confinement, les arts de la scène et les arts en général se sont révélés, sous des nouvelles formes virtuelles, plus que jamais un moyen d’adoucir la crise, d’adoucir les sentiments d’angoisse et de détresse que l’on vit en hauts et en bas. Cependant, si les initiatives des arts de la scène sont nombreuses, comme le spécifiait dernièrement la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, rares sont les opportunités qui ont soutenus les artistes rapidement, à la fois pour qu’ils expriment leur créativité, mais aussi monétairement. Le projet Art à part de l’École nationale de théâtre du Canada (ENT),s’est présenté, au tout début de la crise, comme une occasion novatrice de donner des bourses à 100 artistes, anglophones et francophones, de partout au Canada, pour qu’ils développent des projets, « extensions » des divers arts de la scène. Naturellement, rien ne remplacera jamais le vivant, quoiqu’en disent certains penseurs du monde culturel. En revanche, ce projet, qui continue à déployer ses ailes, permet aux créateurs de vivre, dans tous les sens du terme. À ce jour, dix-huit projets français sont disponibles et j’ai choisi de vous en partager deux. Deux qui font du bien. Deux qui adoucissent notre renfermement social involontaire. L’un, musée virtuel à base de témoignages de « sages », l’autre, animation sur des rêves de confinés. – Frédérick Moreau, metteur en scène, médiateur culturel et professeur

photo : Vanessa Fortin

photo : Vanessa Fortin

Le premier projet, Verrons-nous l’arbre danser ?,donne une voix (sans mauvais jeux de mots, puisqu’il s’agit de témoignages enregistrés) aux personnes qui ont probablement le plus souffert de cette situation : les personnes âgées. Loin d’être misérabiliste et tout en douceur, ce projet de Noémie Roy, artiste multidisciplinaire, est une galerie virtuelle rassemblant des témoignages de danseuses de 65 à 78 ans, présentant à la fois photos, extraits de créations et témoignages audibles. Rassemblés en des catégories, telles des salles de la même exposition, le spectateur se promène, entre autres, entre l’« accept[ation] de vieillir », ce que les personnes âgées veulent « dire aux plus jeunes » et la « rétrospection » de leur vie. Cette œuvre montre une vieillesse florissante, heureuse, qui continue de grandir. C’est un véritable plaisir d’écouter ces artistes du mouvement passionnées parler tantôt de leur dynamisme, tantôt de leurs faiblesses. Ces « voix confinées du téléphone » veulent transmettre, veulent s’inscrire dans le temps. C’est ainsi que Rasili Botz, praticienne d’art corporel, dans la capsule « Dans mon sac j’apporte », essaie de partir sans son sac-à-dos qui lui est si cher puisque, en vieillissant, elle a toujours besoin de quelque chose de plus à apporter dans son sac à bandoulière, pour se rassurer. Elle veut s’en détacher. Cela la mènera à la réflexion suivante : « Quand on est jeune, on peut partir sans rien ». Cette parole de sagesse, on peut la découvrir dans ce musée virtuel, que l’on peut explorer un petit pas à la fois ou tout en même temps, comme si on s’assoyait sur les genoux de grands-mères bienveillantes dans une chaise berçante. –FM

Image tirée de On ne met pas le sommeil en quarantaine d’Isabelle Bartkowiak

Image tirée de On ne met pas le sommeil en quarantaine d’Isabelle Bartkowiak

De ce réalisme testimonial, je vous propose de vous déplacer également un peu sur la page d’Art à partpour aller découvrir un autre projet, cette fois axé sur l’imaginaire. Explorant le monde des songes par un court métrage, rassemblant des « rêves vécus » de divers personnes, Isabelle Bartkowiak, étudiante en mise en scène à l’ENT, montre qu’On ne met pas le sommeil en quarantaine.Le spectateur confiné peut ainsi regarder ce court métrage basé sur des récits de tout-un-chacun, où des dessins découpés sur du papier parcourent une table pour le faire rire, pour qu’il ne se sente pas le seul à avoir des cauchemars d’anxiété ou des rêves où on peut se parler librement, sans l’intermédiaire de la distance. Une femme rêve d’un homme musclé et attirant, un homme essaie tant bien que mal de rentrer dans sa douche, un jeune professeur japonais enseigne dans une classe où la narratrice se révolte, bref, chacun rêve ensemble dans cette courte-pointe-métrage. De ce visionnement, on ressort avec un esprit de solidarité, on entend diverses voix, divers récits et on se dit : « je ne suis pas seul à mal dormir », « je ne suis pas seul à vivre cette situation qui se vautre jusque dans mon sommeil ». Notre curiosité et notre besoin de contact avec les autres sont remplis, l’espace d’une écoute. On peut écouter un récit, arrêter, revenir, ou alors écouter la totalité des 15 minutes au pays des songes en une fois. En ressort un esprit de groupe qui nous fait sortir de notre individualisme temporaire.


Parmi toutes les voix et initiatives des acteurs (au sens large) des arts vivants qui naissent en ce moment, en voici deux qui nous élèvent et qui nous rappellent qu’un jour, nous serons de retour ensemble, sur scène. En attendant d’y être en chair et en os, soyons, tout comme pour Verrons-nous l’arbre danser ?et On ne met pas le sommeil en quarantaine,à l’écoute des autres et participons à ce que l’art vivant le reste. –FM

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Dans cet article
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