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Des mesures journalistiques à côté de la plaque

Des mesures journalistiques à côté de la plaque

le
26 novembre 2018

Bien que les propos du gouvernement Trudeau dénotent un désir de protéger le journalisme canadien de sa disparition imminente, la mise à jour fiscale dévoilée aujourd’hui présente un ensemble de subventions dispendieuses qui ne s’attaquent pas à la racine du problème.

Des mesures journalistiques à côté de la plaque

« Est-ce qu’Ottawa a renoncé à sauver le patient ? On dirait un programme de soins palliatifs qui permettra au journalisme canadien de mourir en allégeant sa douleur, » affirme Daniel Bernhard, directeur général et porte-parole du groupe sentinelle les AMIS de la radiodiffusion.

« Si le gouvernement tenait vraiment à protéger la véracité et la fiabilité du journalisme canadien, » a renchérit Bernhard, « il cesserait d’octroyer ses largesses, sous forme d’exemptions réglementaires et fiscales de plusieurs milliards de dollars, à des compagnies, comme Facebook, qui minent la démocratie.

Nos recherches démontrent que Google et Facebook contrôlent désormais presque 80% du marché publicitaire numérique au pays. Ce marché a longtemps financé l’existence de journalisme crédible, un élément essentiel de notre démocratie.

« Aujourd’hui marque la première bonne journée de Facebook depuis des mois » dit Bernhard, faisant remarquer que ces mesures ne font rien pour s’attaquer à la domination de Facebook et Google sur le marché publicitaire.

« Depuis les années 1960, les compagnies qui placent leurs annonces dans des médias étrangers se voient contraintes de payer une pénalité fiscale, mais Ottawa a négligé de colmater une brèche fiscale qui exempte la publicité sur internet de ses dispositions. Résultat : les compagnies qui annoncent avec Google et Facebook touchent 1,3 milliard de dollars annuellement en déductions fiscales, ce qui est contraire à l’esprit de la loi.

« Comme s’il ne suffisait pas que des compagnies qui se couvrent de honte, telles Facebook, viennent polluer la démocratie canadienne » a dit Bernhard « Ottawa les aide dans cette lancée, au détriment des entreprises médiatiques canadiennes, affaiblissant ainsi notre dernière ligne de défense contre les fausses nouvelles et l’ingérence étrangère dans la démocratie canadienne. »

L’analyse des AMIS révèle qu’Ottawa dépense presque le double du financement octroyé à Radio-Canada en subventions et en exemptions pour les géants de l’Internet comme Google, Facebook et Netflix. « Si telles sont les priorités d’Ottawa, l’avenir s’obscurcit pour la démocratie canadienne, » a dit Bernhard, en ajoutant que « Le Canada ne semble pas vouloir appliquer la loi aux géants technologiques. Pourquoi aidons-nous les plus riches compagnies au monde à s’enrichir davantage, alors qu’elles viennent saper le mode de vie du Canada ? »


Les AMIS de la radiodiffusion est un organisme indépendant pour la protection de la programmation canadienne et n’est affilié à aucun radiodiffuseur ou parti politique.