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La portée des médias ethnoculturels sur le bien-être et l’intégration des néo-Canadiens

La portée des médias ethnoculturels sur le bien-être et l’intégration des néo-Canadiens

Écrit par
Baldev Mutta
le
05 février 2019

Baldev Mutta, fondateur de Punjabi Community Health Services, parle de l’importance des médias ethnoculturels pour aider les immigrants à s’établir dans leur nouveau pays.

La portée des médias ethnoculturels sur le bien-être et l’intégration des néo-Canadiens

M. Mutta en train d'être interviewé à PCHS

Les immigrants du Canada vivent simultanément deux états : leur état présent dans un nouveau pays, qui est empreint de défis, d’aspirations et de luttes, et leur état passé du pays d’origine, qui est empreint de relations, d’histoire et de souvenirs.

Les médias ethnoculturels jouent un rôle crucial à l’intégrité de ces deux états. Ils ne font pas qu’informer et divertir les immigrants avec de nouvelles histoires de leurs lieux d’origine, mais ils les aident à s’établir dans leur nouvelle patrie en leur donnant les informations et les repères nécessaires pour s’adapter à l’environnement.

À l’organisme que je dirige, Punjabi Community Health Services (PCHS), les médias ethnoculturels ont joué un rôle indispensable pour rejoindre les communautés immigrantes avec lesquelles nous travaillons. Mais, les médias ethnoculturels peinent à survivre. Lorsque nos divers journaux et stations de radio ethnoculturels ferment, des communautés perdent l’accès à l’information dont elles ont désespérément besoin.

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En 1990, quand PCHS a débuté son travail à Brampton en Ontario, l’immigration en provenance de l’Asie du Sud se pratiquait différemment. Les immigrants arrivaient au Canada avec peu de connaissances sur le pays ou sur les défis à l’intégration qui les attendaient. Une fois arrivés, ils s’installaient souvent dans des « enclaves ethniques » qui entretenaient un sentiment d’appartenance, mais qui n’étaient pas aussi pratiques pour faciliter l’intégration civile et économique.

À cette époque, les immigrants se tournaient vers leur propre communauté pour se renseigner sur la santé, l’emploi, l’hébergement et les services spécialisés pour les besoins d’urgence, sans compter ceux qui leur étaient socialement et culturellement uniques. La voie de communication la plus empruntée était le bouche-à-oreille, en partie à cause de la tradition orale en Asie du Sud, mais aussi à cause des obstacles de langue et d’alphabétisation. Alors que le bouche-à-oreille était efficace, il était aussi parsemé d’erreurs de faits.

Lorsque nos divers journaux et stations de radio ethnoculturels ferment, des communautés perdent l’accès à l’information dont elles ont désespérément besoin.

Dans la période précédant la création de PCHS, les membres fondateurs de l’organisme avaient identifié deux défis de taille auxquels se heurtaient les populations immigrantes originaires d’Asie du Sud. Premièrement : le manque d’accès à des renseignements justes et précis pour répondre aux besoins d’emplois, d’hébergement, de santé et de services légaux. Deuxièmement : une cécité culturelle dans l’information qui était disponible auprès des agences de services sociaux et des municipalités, dont les aspects de compétence culturelle et d’équité étaient absents.

PCHS a été lancé pour pallier à ce manque et a commencé à offrir des activités de groupe pour discuter des enjeux sociaux stigmatisés comme la santé mentale, les dépendances, la violence conjugale, la maltraitance des aînés, la communication toxique intrafamiliale, l’isolement des femmes face aux sphères économiques et sociales ainsi que plusieurs problèmes auxquels les jeunes sont vulnérables. Les discussions, les réflexions et les délibérations dans ces groupes ont mené à une information plus vraie, plus juste et plus fiable pour la communauté immigrante que ce que le bouche-à-oreille avait amené jusque là.

Dans l’espoir de rejoindre plus de participants, PCHS a imprimé des pamphlets et des brochures, en langues locales, qui présentaient une information avérée et de source crédible. Toutefois, devant la relation passive de la majeure partie de la communauté envers la parole écrite, à cause du profond ancrage de la tradition orale, PCHS a décidé de se tourner vers les médias ethnoculturels.

Pour rejoindre plus de gens avec sa programmation, des représentants de PCHS ont commencé à faire des apparitions à des émissions sur les ondes de Punjabi TV. Éventuellement, en quête d’un plus grand contrôle créatif – et en dépit du fait que la peu de grands bailleurs de fonds soient partants pour financer la production de contenu d’émissions – PCHS a choisi de produire son propre contenu et de le diffuser via les médias ethnoculturels de radio et de télé déjà existants.

Les médias ethnoculturels contribuent à leur sentiment d’identité et d’appartenance au Canada, autant que l’éducation des jeunes enfants développe leur civisme.

Mais, il y a un piège. Le principe fondamental des organismes à but non lucratif est d’informer, d’interpeller, de mobiliser et de changer les communautés dans lesquelles ils travaillent et ils vivent. Quoi qu’il en soit, les médias ethnoculturels ne partagent pas forcément cette éthique –pas parce qu’ils sont contre cette voie de transformation sociale, mais plutôt parce qu’ils ne croient pas que ce contenu éducatif mènera aux revenus publicitaires dont dépend leur survie. Et, tant que les médias ethnoculturels dépendent de ce type de revenu, il sera de plus en plus difficile d’obtenir du temps d’antenne sur leurs ondes pour rejoindre la population immigrante qui bénéficie de nos services.

Dans la région du Grand Toronto, il y a des milliers de Sud-Asiatiques qui bénéficient quotidiennement des nouvelles, des points de vue et des divertissements présentés par les médias ethnoculturels de radio, de télé, de journaux et de magazines. Les médias ethnoculturels contribuent à leur sentiment d’identité et d’appartenance au Canada, autant que l’éducation des jeunes enfants développe leur civisme.

Nous devons veiller à ce que les médias ethnoculturels soient soutenus afin qu’ils puissent jouer efficacement leur rôle. La première étape est de mesurer leur incidence sur le paysage médiatique. Pour y parvenir, il nous faut comprendre qu’ils sont un instrument nécessaire pour aider les immigrants à devenir canadiens.

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