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LES CHEFS SE PRONONCENT!

le
11 septembre 2018

Les AMIS ont invité les chefs des principaux partis à partager leurs positions au sujet de la crise qui menace les médias et le journalisme au Québec, et à commenter les effets de cette crise sur notre culture et notre démocratie.

Les AMIS ont invité les chefs des principaux partis à partager leurs positions au sujet
de la crise qui menace les médias et le journalisme au Québec, et à commenter les
effets de cette crise sur notre culture et notre démocratie. Voici les déclarations que
nous avons reçues à ce jour, placées en ordre alphabétique de nom de parti.

Les candidats de certaines circonscriptions ont aussi été invités à se prononcer. Nous révélerons progressivement leurs réponses au cours de la campagne.

Consultez leurs réponses ici.


FRANÇOIS LEGAULT

Nous vous remercions de nous avoir contactés concernant la crise que traversent les médias.

D’abord, il convient de s’entendre sur le fait que cette crise est structurelle. Il ne s'agit donc pas de traverser la tempête, mais bien d'aider nos entreprises médiatiques à s'adapter à une nouvelle réalité. Il faut revoir les modèles d'affaires et prendre, enfin et résolument, le virage numérique. La Coalition Avenir Québec est pleinement consciente des enjeux auxquels sont confrontées les entreprises médiatiques et sera un partenaire afin de relever ces défis.

Le 4 décembre dernier, la ministre de la Culture du Québec a annoncé la mise en place d'un programme d’aide à la transformation numérique des entreprises de la presse d’information écrite (19,2 M$), un soutien accru aux médias communautaires (5,2 M$) et un soutien transitoire pour aider les entreprises de la presse écrite à respecter leurs obligations en matière de recyclage (12 M$). La CAQ s'engage à maintenir les investissements consentis et notamment à soutenir et consolider la présence des médias communautaires sur tout le territoire québécois.

Un gouvernement de la CAQ va travailler en partenariat avec l'industrie des médias. Il
ne fait nul doute dans notre esprit que les médias sont les gardiens de la démocratie et
qu'à ce titre, leur pérennité et leur viabilité doivent absolument être assurés.


PLQ LogoPHILIPPE COUILLARD

Le gouvernement libéral soutient les médias par rapport aux transformations de leur industrie à l’ère du numérique. Les médias sont un pilier important de notre démocratie et nous sommes conscients des enjeux de notre époque. Pour ce qui est de l’équité fiscale, notre gouvernement s’est déjà engagé sur la perception de la taxe de vente des produits et services vendus sur le Web. Les enjeux soulevés par l’industrie des médias sont importants.


JEAN-FRANÇOIS LISÉE

Au Parti Québécois, nous reconnaissons que la crise des médias est un problème majeur pour la démocratie québécoise. Nous considérons que le gouvernement fédéral n'a pas assumé ses responsabilités; s'il avait aidé rapidement les médias locaux, la situation aurait peut-être été différente pour les 31 établissements médiatiques du Québec ayant définitivement fermé ou fusionné entre 2008 et 2016.

Ottawa a aussi failli à sa tâche de représenter les intérêts des Québécois face aux géants américains comme Google, Facebook ou Netflix. Lors du dépôt du budget fédéral, en février 2018, nous avons demandé au gouvernement Trudeau de mettre fin au régime du « deux poids, deux mesures » en déchirant l'entente conclue avec Netflix, et d'obliger la multinationale à percevoir les taxes, comme n'importe quel commerce local. Pour nous, il est essentiel de mettre fin à cette iniquité fiscale entre les entreprises québécoises et étrangères; toutes doivent percevoir les taxes sur le commerce électronique, pour les biens tangibles autant qu'intangibles, au Québec comme au Canada.

Sur la question des revenus publicitaires, nous pensons que des modifications devraient être apportées aux lois, tant fédérales que québécoises. En ce sens, la Loi de l'impôt sur le revenu devrait être mieux adaptée aux réalités des entreprises de chez nous, qui doivent composer avec l'émergence des géants américains comme Google, Apple et Facebook. Pendant la campagne, nous comptons d'ailleurs proposer un plan concret pour mieux soutenir les médias locaux du Québec.

Finalement, au cours de son premier mandat, un gouvernement du Parti Québécois fera rapidement le bilan des mesures de soutien aux médias, avec l'objectif de s'assurer que l'aide atteint sa cible. Au terme de ce bilan, nous nous activerons pour implanter des mesures visant notamment à contrer la fuite des revenus publicitaires vers les géants du Web.


MANON MASSÉ

Merci de nous donner l'occasion de faire connaître notre réflexion et nos orientations en ce qui concerne l'avenir des médias, et merci d'attirer notre attention sur une piste intéressante.

Vous avez tout à fait raison de souligner l'importance des médias en démocratie. La population ne peut débattre et se prononcer que sur la base de ce qu'elle comprend du passé et du présent, de ce qu'elle croit possible pour l’avenir. Alors que prolifèrent les «vérités alternatives», il est plus essentiel que jamais de disposer de médias solides, capables de produire de l'information à partir de démarches rigoureuses de recherche et d’analyse. Or, quelle est la situation de nos médias ?

  • Le taux de concentration de la propriété des médias d'information au Québec est parmi les plus élevés en Occident. Ce phénomène, antérieur à la crise des médias mais accentué par celle-ci, a un impact important sur la diversité des voix, nécessaire, elle aussi, à une véritable démocratie.
  • Avec l'avènement de l'ère numérique, même les grands propriétaires des médias québécois se retrouvent en difficulté, comme vous le soulignez. Leur modèle d'affaires, basé sur la capacité de proposer des auditoires aux annonceurs, est mis en difficulté à mesure que les géants de l'Internet accaparent une part grandissante des revenus publicitaires.
  • Autre facteur de recul des revenus des médias : plus les gens s'habituent à trouver l'information gratuitement sur Internet, moins ils sont disposés à payer pour s'informer. Les dépenses moyennes par ménage québécois pour les journaux sont passées de 31 $ par année à 16 $ entre 2010 et 2014.
  • Ce n'est pas tout. Les médias basés au Québec et au Canada sont soumis à un ensemble de règles, notamment en matière de taxes. Pendant ce temps, les entreprises comme Facebook et Google, qui n'ont pas de présence physique au Canada, n'ont pas à percevoir de taxes. Autre avantage concurrentiel par rapport aux médias d'ici : comme vous le soulignez, les achats de publicité par des entreprises canadiennes auprès de sites Web étrangers sont aussi déductibles d'impôt que ceux effectués au Canada.

Québec solidaire reconnaît le rôle essentiel des médias dans la production d'une information crédible, vitale pour la démocratie. C'est pourquoi un gouvernement solidaire prendra immédiatement des mesures pour apporter un soutien provisoire aux médias d'information en cette période de transition numérique, avec une attention particulière aux médias alternatifs et indépendants, et à ceux qui diffusent de l'information et des analyses touchant les enjeux locaux et régionaux. Une taxe sur les services Internet non basés au Canada devrait permettre de financer ces mesures.

En parallèle, un gouvernement solidaire organisera des états généraux sur le financement et la pérennité des médias d'Information. En effet, la solution à la crise que vivent les médias d'information, et qui menace notre vie démocratique, doit venir d'une réflexion large. Celle-ci doit impliquer, bien sûr, au premier chef les acteurs du domaine des médias, auxquels devraient s'ajouter des universitaires et autres experts, mais aussi des citoyennes et citoyens. En effet, si la raison d'être des médias est d'informer le public, celui-ci doit pouvoir contribuer à orienter leur avenir.

Il ne s'agit pas de réinventer la roue. Les états généraux devraient partir de la réflexion déjà bien amorcée, notamment à l'initiative de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), du Forum des politiques publiques (Le miroir éclaté), du Comité permanent du patrimoine canadien ou de celle, plus récente, de votre organisme, avec le rapport d'experts Colmatons la brèche! La déductibilité de la publicité sur internet.

Cependant, le gouvernement du Québec n'a pas le pouvoir d'appliquer la solution que propose ce rapport. C'est le gouvernement du Canada qui devrait «colmater la brèche» que constitue la déductibilité des achats de publicité à des services étrangèrs de presse ou de radiodiffusion. Dans le cadre constitutionnel canadien, un gouvernement solidaire fera donc toutes les représentations possibles auprès du gouvernement fédéral pour que celui-ci modifie la Loi de l'impôt sur le revenu comme le recommandent les AMIS de la radiodiffusion. En parallèle, un gouvernement solidaire visera à récupérer pour le Québec tous les pouvoirs d'un pays souverain. Dans ce contexte, une modification par l’Assemblée nationale à la Loi de l'impôt sur le revenu deviendra tout à fait possible.

À l'approche de la campagne électorale 2018, Québec solidaire propose de reprendre le Québec. Cela veut dire, notamment, nous redonner les moyens d'exercice d'une véritable démocratie. Nous espérons que les sympathisantes et sympathisants québécois des AMIS de la radiodiffusion se reconnaîtront dans ce projet.


Dans cet article
Défendons ensemble nos intérêts culturels et économiques.