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Les coups de cœur de Jean-Thomas Bédard

Les coups de cœur de Jean-Thomas Bédard

le
09 juin 2020

Le cinéaste Jean-Thomas Bédard nous parle de quelques productions qui l'ont marqué et de son film Le Voyage inachevé.

Les coups de cœur de Jean-Thomas Bédard

Le cinéaste Jean-Thomas Bédard sur la Côte-Nord du Québec. – photo : Nathalie Durand

La période de pandémie que nous traversons peut s’avérer assez difficile pour bon nombre d’entre nous, et carrément tragique pour d’autres. Nous avons donc fait appel au réalisateur Jean-Thomas Bédard pour qu’il nous parle de son film Le voyage inachevé, qui témoigne de la résilience et de la solidarité d’une communauté qui traverse une crise. Ce pourrait être l’occasion de remettre les choses en perspective et de voir émaner une certaine beauté là où on ne percevait que noirceur.

Nous avons également profité de l’occasion pour demander à Jean-Thomas de vous parler des films qui l’ont marqué. Bien qu’il soit actuellement retraité, Jean-Thomas a œuvré durant de nombreuses années au sein de l’Office national du film. Il a donc une excellente connaissance du catalogue de l’ONF et de beaux souvenirs liés au temps qu’il a passé au sein de ce joyau national. Profitons-en!

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En 2002 j’ai terminé Le Voyage inachevé,un long métrage sur le deuil collectif d'une communauté rurale de la Beauce qui a perdu une grande partie de ses aînés en octobre 1997 dans un accident communément appelé la Tragédie des Éboulements et qui fut qualifié de pire tragédie routière au Canada. Les catastrophes arrivent de toutes sortes de façons. Elles provoquent toutes des deuils et de la douleur mais elles suscitent en même temps des gestes de solidarité et de reconstruction. Et elles ont le pouvoir de faire ressurgir le meilleur des êtres humains.

Loin d'être un film triste ou voyeur, c'est un témoignage de résilience et de solidarité, rempli d'humanité et de créativité. C'est aussi le portrait d'une communauté rurale d’une grande vitalité soudée autour de traditions et de rituels qu'on croyait disparus. Disponible sur le site de l'Office national du film,ce film dont je suis très fier n'a jamais été aussi pertinent que dans le contexte actuel. J’aimerais souligner la très belle contribution de Marie Bernard qui a composé la musique. – Jean-Thomas Bédard

En 1958-1959, Pierre Perrault coréalise avec René Bonnière, une série de 13 films d’une demi-heure sur les gens du fleuve, leurs traditions et leurs modes de vie. La série de treize épisodes fut présentée sur les ondes de la télévision de Radio-Canada en 1960. Pierre Perrault, qui en est à ses premières armes comme cinéaste, écrit sur des images muettes des textes empreints de poésie et de tendresse pour ces gens qui vivent dans la simplicité.

J’ai découvert cette série dans une petite salle de projection de l’ancien édifice de l’ONF où Pierre Perrault était présent pour offrir ses commentaires. C’était peu de temps avant son départ de l’ONF. La prise de son synchrone n’était pas encore inventé à l’époque des tournages de ces films. C’était donc la narration et la musique qui créaient l’ambiance sonore. Dans cette série, les chansons du folklore de la mer sont tout simplement envoutantes, en particulier la chanson thème de la série En remontant le Saint-Laurent.

Mon épisode préféré est « Tête à la Baleine »,qui raconte la vie rude des pêcheurs d’un petit village isolé de la Basse Côte-Nord, au temps où la morue était encore énorme et abondante. Chaque été, le village déménage avec armes et bagages pour s’établir sur les îles en face où des maisons les attendent et où la pêche est meilleure. Mais il arrive qu’un décès change le destin d’une maison et que tous les hommes et toutes les barques entreprennent de remorquer la maison des îles jusqu'à la terre ferme où elle finira ses jours à l'ombre du clocher, ce qui donne des images surréalistes de maison flottant dans la mer, bercées par une chanson de marin aux accents nostalgiques. Un document ethnographique incontournable sur un mode de vie simple et beau qui a disparu.

Moi aussi j’ai développé au fil du temps un attachement profond à notre fleuve, berceau de notre culture et de nos traditions, mais aussi fascinant pour les mystères et la beauté de ses battures que je photographie depuis près de dix ansde manière à recréer des tableaux dans l’esprit de la peinture contemporaine. – JTB

J’ai eu une très forte impression quand j’ai vu pour la première fois Satellites du soleil,film d’animation réalisé par Sidney Goldsmith en 1975 au Studio d’animation de la production anglaise à l’ONF. Sur une musique de J.-S. Bach arrangée par Eldon Rathburn, ce film de 12 minutes nous transporte dans le système solaire et – c’est là sa force – nous en montre toute la poésie. Dans ce film, toutes les images sont dessinées sur de grands cartons noirs et mises en mouvement sous la caméra d’animation alors mue par un des premiers ordinateurs.

À l’époque où j’amorçais ma carrière en tant que réalisateur de films d’animation à l’ONF, j’ai eu le bonheur de voir travailler Sidney Goldsmith et d’admirer ses ciels étoilés entièrement peints à la main et à l’aérographe pour donner cet aspect vaporeux aux nuages stellaires. C’était un artiste méticuleux doublé d’un scientifique qui m’a influencé pour l’intro de mon film d’animation Ceci est un message enregistréainsi que l’intro de mon documentaire La Traversée de la nuit. – JTB

Au générique, un florilège de noms de cinéaste et d’artisans de renoms qui ont marqué le cinéma documentaire québécois dont l’ONF était le berceau. Images : Bernard Gosselin et Claude Borremans; musique et trame sonore : Maurice Blackburn et Pierre Lemelin; production : Fernand Dansereau; etc.

Au nord de la Mauricie, de jeunes hommes vont passer le long hiver dans les camps de bûcherons, loin de leur famille, pour gagner leur vie comme bûcherons. Là-bas, l’hiver est long et rude, le confort rudimentaire et les conditions de travail très difficiles, souvent dangereuses. Si le mot courage veut dire quelque chose, alors ces hommes en font la démonstration.

Arthur Lamothe, le plus québécois des cinéastes français, livre ici un film empreint d’humanité et de compassion qui donne une voix aux gens simples. Les Québécois sont à cette époque la main d’œuvre bon marché, les porteurs d’eau, les nés pour un petit pain, sous la férule des grosses compagnie anglophones venue exploiter nos richesses naturelles à bas prix.

Regarder ce film nous donne la mesure du chemin parcouru, des progrès que la société québécoise a accompli, de son affranchissement. Mais nous avons peut-être perdu un peu de notre âme dans cet élan vers le progrès et le confort. – JTB

Monsieur Lazharest un film qui m’a beaucoup bouleversé et dont je trouve la partition dramatique impeccable. Ce long métrage de fiction d’une heure et demie a été réalisé par Philippe Falardeau en 2011 et produit par micro_scope à partir de la pièce Bashir Lazhar de la dramaturge québécoise Évelyne de la Chenelière. Avec Mohamed Fellag et Sophie Nélisse.

Le film raconte le parcours de Bachir Lazhar, un immigré algérien qui est embauché au pied levé pour remplacer une enseignante de primaire trouvée pendue dans sa classe. Il apprend peu à peu à s’attacher à ses élèves malgré le fossé culturel évident dès le premier cours. Pendant que les élèves amorcent un difficile processus de guérison, personne à l’école ne soupçonne le deuil douloureux de Bachir qui risque par ailleurs l’expulsion du pays à tout moment.

Ce que j’aime par-dessus tout dans ce film c’est sa grande sensibilité pour une histoire de deuil et de résilience et la justesse du ton, en particulier dans la direction des jeunes acteurs par Philippe Falardeau. J’ai côtoyé Philippe lorsqu’il a réalisé son premier documentaire à l’ONF suite au concours La Course destination monde, diffusée sur les ondes de Radio-Canada dont il a été le gagnant en 1993 et j’ai toujours apprécié la simplicité et l’humanité de ce surdoué. – JTB

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