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Les coups de cœur de Jeanne Leblanc

Les coups de cœur de Jeanne Leblanc

le
07 juillet 2020

Découvrez les œuvres qui ont marqué Jeanne Leblanc, réalisatrice du film Les Nôtres,dans nos coups de cœur d'aujourd'hui.

Les coups de cœur de Jeanne Leblanc

Jeanne Leblanc – photo : Babas

Le vendredi 13 mars 2020, Jeanne Leblanc a eu le malheur de découvrir que la sortie en salle de son deuxième long métrage coïncidait avec l’arrivée de mesures sanitaires du gouvernement québécois, des mesures qui, vous vous en souviendrez, ont rapidement mené à confiner la population chez elle et lui faire éviter les rassemblements. Heureusement, Les Nôtres a eu droit à un deuxième souffle et est de retour en salle depuis vendredi dernier.

Pour souligner l’occasion, nous avons invité Jeanne à partager quelques-uns de ses coups de cœur avec vous.

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La pandémie est entrée dans ma vie comme un gros coup de barre. Nous étions sur la route pour célébrer la première fin de semaine en salle du film Les Nôtres.Ce film que nous avions chéri, conçu, travaillé, aimé pendant les cinq dernières années allait enfin trouver sa voie vers le grand public.

C’est à ce moment précis qu’un virus nouveau, soudain, pernicieux, en a décidé autrement.

Depuis, j’ai appris à accepter toutes ces choses que je ne contrôle pas et qui sont bien plus grandes que moi.

Depuis, je lis beaucoup. Je regarde compulsivement des films, j’écoute de la musique et des balados. Je ne tente pas de me « réinventer », mais tout simplement d’inventer un peu plus dans un contexte étrange, certes, mais qui saura — je l’espère – être prolifique. – Jeanne Leblanc

Image tirée du film Weirdos de Bruce McDonald.

Image tirée du film Weirdos de Bruce McDonald.

Bruce MacDonald est le cinéaste de la scène musicale canadienne rock, punk, pop (Hard Core Logo,Roadkill). Cependant, pour ce plus récent opus, il a choisi de plonger dans quelque chose de plus intime tout en gardant cette touche musicale toute canadienne avec un scénario librement inspiré de ses souvenirs et de ses expériences d’enfance et d’adolescence.

Weirdos, c’est une histoire à la fois tendre, nostalgique et d’une grande langueur — un peu comme les paysages de la Nouvelle-Écosse. Le film se déroule en 1976 et on y raconte l’histoire d’un adolescent, Kit, et de sa petite amie. Ceux-ci font croire à leurs parents qu’ils s’en vont l’un chez l’autre avant de prendre la route de Sydney, à deux heures de là, où Kit souhaite emménager avec sa mère bohème.

Il se dégage de ce récit une douce étrangeté très assumée. Avec ce personnage de faux Andy Warhol — animal spirituel de Kit — qui ponctue l’imaginaire de ce jeune homme qui se cherche dans une Nouvelle-Écosse qu’il considère aussi belle qu’ennuyante.

Mot de Bruce MacDonald pour décrire son film :

This is a love story movie.
This is a running away from home movie.
This is a “to be 15” movie.
This is a coming-of-age movie.
A blossoming sexuality movie.
A “remember the ’70s” movie.
This is a road movie.

(Ceci est un film d’histoire d’amour.
Ceci est un film de fugue.
Ceci est un film sur ce que c’est d’avoir 15 ans.
Ceci est un film de passage à l'âge adulte.
Un film sur la sexualité florissante.
Un film « souvenez-vous des années 70 ».
Ceci est un
road movie.)

Et cette phrase de ce faux Andy Warhol qui affirme « aimer le Canada, car nous sommes tous, nous canadiens, plus ou moins "weirdos" ». – JL

The Body Remembers When the World Broke Open, de Elle-Maija Tailfeathers et Kathleen Hepburn.

The Body Remembers When the World Broke Open, de Elle-Maija Tailfeathers et Kathleen Hepburn.

L’année dernière, j’étais sur un des jurys pour choisir les nominés pour les Prix de la Guilde canadienne des réalisateurs. Nous devions choisir parmi plus d’une trentaine de films canadiens de 2019. Parmi ceux-ci, ce film m’a particulièrement marqué.

L’histoire débute avec Rosie, pieds nus sous la pluie dans les rues de Vancouver. Toute jeune et enceinte, elle est en danger et en fuite. Plus âgée et surtout plus aisée, Áila la prend sous son aile.

The Body Remembers When the World Broke Openest une histoire très contemporaine, rude, mais aussi sans jugement ni manichéisme. L’histoire, totalement ancrée dans un Vancouver actuel et multiple, nous montre avec brio une réalité qui nous confronte et pour les bonnes raisons. Le scénario, qui se déroule en temps réel, dépeint deux personnages féminins et autochtones complexes, fins et fascinants. Un film qui parle tant de la maternité, du partage et des privilèges que du rapport au corps, à la culture et à la violence.

Les deux personnages féminins utilisent d’ailleurs un langage presque délicat qui, pourtant, porte un immense lot de sous-textes et de sous-entendus autant sur la maternité, sur la résilience, sur la main tendue vers l’autre, mais aussi sur nos propres limites. Ces deux femmes autochtones, d’horizons différents, vont s’écouter, se mentir, s’abandonner, tenter de se comprendre.

La caméra, subtile et pénétrante, ne les quittera jamais. Une rencontre en temps réel entre deux femmes aussi différentes que complémentaires, dont les chemins se percuteront. – JL

P'tit Belliveau

P'tit Belliveau

Durant les semaines froides et confinées de mars et avril, j’ai cherché une musique de soleil. Un son qui me ferait sourire. En fait, j’avais envie de découvrir un son nouveau, mais qui ne me bousculerait pas et qui, au contraire, me prendrait par la main pour m’amener dans un doux voyage.

C’est exactement là où P’tit Belliveauest venu me chercher avec son folk country aux sonorités parfois électro. Originaire de Baie Ste-Marie en Nouvelle-Écosse, francophone dans cette mer d’anglophones, il joue avec le langage, manie les sons, donne à toute sa musique une touche nostalgique qui m’a fait du bien.

Il parle de sa Baie, des lacs, de la nature, des gens qui l’ont vu grandir. J’ai eu une impression d’entrer dans son intimité. Mais une vaste intimité faite d’autant de simplicité que de grands paysages. Il a su me raconter un quotidien qui me faisait du bien dans les aléas du confinement. – JL

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