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Les coups de cœur de Webster

Les coups de cœur de Webster

le
27 octobre 2020

Le rappeur et passionné d'histoire Webster partage quelques-uns de ses coups de cœur culturels avec vous. Abonnez-vous à notre infolettrepour recevoir nos prochaines recommandations culturelles par courriel.

Les coups de cœur de Webster

Webster – photo : Philippe Ruel

Peut-être que sa voix vous est familière parce que vous connaissez sa musique, ou peut-être que vous l’avez entendu parler d’histoire ou s’exprimer sur des enjeux de société sur les ondes de Radio-Canada ou dans le cadre de capsules vidéo de La Fabrique culturelle,mais aujourd'hui vous pourrez le lire. Dans la présente édition de nos coups de cœur, le rappeur limoulois Webster vous parle de trois artistes qu’il admire tout particulièrement.

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Les derniers mois ont été très difficiles pour les travailleurs en culture, d’un point de vue professionnel et financier. Combien d’artistes qui vivaient déjà chèque par chèque, au jour le jour, ont un plan B vers lequel ils peuvent se retourner? Pour plusieurs d’entre eux, la COVID-19 a sonné le glas de leur carrière. Pour ma part, la pandémie a aussi beaucoup changé mon quotidien. J’ai perdu 100% de mes contrats, que ce soit les conférences, les ateliers d’écriture ou les concerts avec mon projet jazz, 5 for Trio. Tout ça a été annulé. Mais j’ai la chance de pouvoir aller vers d’autres avenues. Le confinement m’a donc donné le temps que je cherchais depuis plusieurs mois pour m’avancer dans l’écriture d’un livre sur l’histoire noire et l’esclavage au Québec et au Canada, et j’ai aussi pu compléter d’autres projets sur lesquels je travaille en collaboration avec la Commission des droits de la personne. Somme toute, j’ai eu plus de temps de recherche et de travail d’écriture – pas nécessairement de l’écriture artistique, mais plutôt historique, ce qui m’a beaucoup plu puisque c’est quelque chose que j’adore faire.

Mais aujourd’hui, je mets ces projets sur pause pour rendre hommage à trois artistes de disciplines différentes qui m’inspirent particulièrement et qui canalisent chacun à leur manière des éléments de culture afro-descendante dans leur art. – Webster

Strange Fruit, une installation de Stanley Février. – photo : Mike Patten

Strange Fruit, une installation de Stanley Février. – photo : Mike Patten

J’aime beaucoup le travail de Stanley Février qui porte sur des sujets comme la violence aux États-Unis, l’esclavage, les champs de coton ou la brutalité policière. Une de ses expositions qui m’a particulièrement marqué mettait en scène des gens avec des sacs sur la tête sur lesquels on pouvait voir des logos de plusieurs services de police dont Peel, Toronto et Montréal. C’est très parlant. On ressent sa filiation afro-descendante de manière très directe à travers ses œuvres.

Je trouve aussi fascinante sa prise de position par rapport aux musées et aux structures du monde des arts. Combien d’œuvres financées ou achetées par les musées sont de personnes racisées? Il dénonce sur la place publique le racisme systémique qui semble dévaloriser le travail de ces personnes-là ou, du moins, qui les invisibilise très certainement. Qu’un artiste qui se situe en marge décide de prendre position de la sorte, je trouve ça important et je respecte beaucoup ceux qui le font. Moi-même, étant quelqu’un qui se positionne, je connais les risques que ça comporte; on pourrait très bien ne plus vouloir faire affaire avec nous par la suite. Mais dans le cas de Stanley, je pense que les gens réalisent la force et la portée de son œuvre, de ce qu’il a à mettre sur la table et aussi l’importance de ce qu’il fait. Il a d‘ailleurs récemment été honoré par le Musée national des beaux-arts du Québec, qui lui a décerné le Prix en art actuel, et il s’est aussi mérité le prix de l’Artiste en arts visuels de l’année au dernier Gala Dynastie. – Webster

CLUB Mixtape 2020, de KNLO – graphisme : Étienne Bossé

CLUB Mixtape 2020, de KNLO – graphisme : Étienne Bossé

KNLO, c’est quelqu’un que je connais bien et que je suis depuis qu’il est tout jeune. C’est comme un petit frère pour moi. Je l’ai vu grandir, évoluer et s’épanouir en tant qu’artiste, et j’ai toujours apprécié son travail. Quand j’ai acheté CLUB Mixtape 2020, je n’ai pas pu attendre d’écouter l’album au complet avant de lui en parler. C’est puissant comme projet! Après seulement quatre chansons, je l’appelais pour lui dire à quel point j’étais impressionné. J’avais beaucoup aimé son album Sainte-Foy,qui est sorti l’année dernière, et ce projet-là est une belle suite qui me rapproche du rap actuel, dont je suis assez déconnecté.

Déjà, en 2007, à l’époque de mon album Sagesse immobile, il avait contribué à la chanson « Des armes ou des vivres ».Je trouvais important de le mettre de l’avant, parce que je voyais tout ce talent qu’il avait, et on peut le constater aujourd’hui avec ce qu’il a réussi à faire avec Alaclair Ensemble. C’est quelqu’un qui m’impressionne de par sa capacité, sa dextérité et sa versatilité. Il a tellement de types de flows différents et de manières d'amener le texte. J’aime d’ailleurs beaucoup comment il mélange des éléments de reggae avec des sonorités plus actuelles, comme celles de la musique trap, et que dans ses textes on puisse reconnaître certaines influences du rap old school, de l’école de pensée du rap conscious, qui se mêlent à ses paroles plus délirantes. C’est quelqu’un qui est capable de naviguer à travers tous ces univers-là et de les joindre ensemble. – Webster

L'écrivain Rodney Saint-Éloi

L'écrivain Rodney Saint-Éloi

Ça peut paraître paradoxal puisque je suis un rappeur, mais je ne suis pas un grand amateur de poésie. J’adore en écrire, mais moins en lire. En tant que lecteur, je suis surtout attiré vers les livres d’histoire. Mais quand je suis tombé sur Nous ne trahirons pas le poème de Rodney Saint-Éloi, je l’ai trouvé magnifique. J’ai adoré les images qu’il clame et j’aime tout ce qu’on y retrouve par rapport à la culture haïtienne et, plus largement, son regard sur la culture afro-descendante de la diaspora africaine. Tout le respect que l’on ressent pour les ancêtres, les éléments spirituels, pour sa mère, sa grand-mère, pour sa lignée, rendent l’œuvre fascinante pour moi. Et ses appels à la révolte et à la résistance n'échappent pas à la finesse de sa poésie. C’est vraiment une belle œuvre qui vaut la peine d’être lue. – Webster

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