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Médias : à surveiller en 2020

Médias : à surveiller en 2020

Écrit par
Marie-Ève Martel
le
21 janvier 2020

Nous sommes heureux d’annoncer la collaboration régulière de la journaliste Marie-Ève Martel, qui nous tiendra au courant des enjeux liés aux médias, et à ceux du Québec en particulier. Dans le cadre de son premier billet de l’année, elle aborde les dossiers chauds qui seront à surveiller en 2020.

Médias : à surveiller en 2020

Bien qu'elles semblent maintenant conscientes de la situation précaire dans laquelle se trouvent nos médias d'information, les autorités politiques tardent encore à agir sur plusieurs fronts.

La crise économique des médias semble avoir atteint son paroxysme au cours des trois dernières années. Ce n’est que tout récemment que les autorités politiques ont pris conscience de l’importance de soutenir ces plateformes d’information. 2020 pourrait-elle être l’année où tout se joue?

À quand l’aide fédérale aux médias?

Engagement annoncé lors de la mise à jour économique de novembre 2018, puis mesure confirmée dans le budget de mars 2019, la mise en place de trois crédits d’impôt pour soutenir la presse écrite canadienne tarde à se concrétiser.

Rappelons que le gouvernement Trudeau proposait un crédit d’impôt de 25% sur la masse salariale des journalistes, un autre pour les dons aux médias écrits constitués en organismes à but non lucratif et un troisième crédit de 15% pour les abonnements numériques à un média d’information canadien. Les trois mesures fiscales combinées sont sensées représenter des investissements totaux de 595 millions de dollars sur cinq ans.

La mise en place de trois crédits d’impôt pour soutenir la presse écrite canadienne tarde à se concrétiser.

À quand une taxe pour les géants du Web?

Pendant la campagne électorale, le Parti libéral du Canada, qui forme depuis l’élection d’octobre un gouvernement minoritaire, s’était engagé à imposer une taxe de 3% aux GAFAM à compter du 1er avril 2020, en contraste avec son obstination à ne pas vouloir le faire pendant son premier mandat. Une mesure qui aurait rapporté 540 millions de dollars à sa première année, puis 730 millions annuellement à compter de 2023.

Quelques jours après son assermentation, le nouveau ministre fédéral du Patrimoine, l’environnementaliste Steven Guilbeault, a annoncé son intention d’implanter ladite taxe « très rapidement ».

Son chef, Justin Trudeau, a toutefois tempéré les ardeurs de son ministre en déclarant quelques jours plus tard qu’il valait mieux attendre le rapport de l’OCDE sur la question avant de se commettre.

Est-ce parce que les Américains ont menacé d’imposer des surtaxes et des tarifs douaniers à la France, le premier pays à adopter et mettre en place une taxation pour les géants du Web? La réponse à cette question demeure hypothétique.



Vous voulez prendre part à la lutte pour la défense de nos médias publics et de notre culture? Voici ce que vous pouvez faire :


La situation n’est guère mieux au provincial, alors que le premier ministre François Legault dit lui aussi vouloir attendre le rapport avant de taxer les géants du Web, mais aussi qu’Ottawa prenne l’initiative. Il en a fait la déclaration pendant un séjour en Californie, en décembre, où il a notamment visité les bureaux de Netflix et de Google dans l’optique de faire affaire avec ces entreprises américaines au Québec.

Le premier ministre n’a d’ailleurs pas caché qu’il serait périlleux pour le Québec d’aller de l’avant actuellement alors que ses relations économiques avec les États-Unis sont au beau fixe.

C’est en grande partie dû à sa lecture d’Extinction de voix de Marie-Ève Martel que la députée de Verdun Isabelle Melançon a déposé le projet de loi 495 pour éviter les entraves au travail journalistique.

C’est en grande partie dû à sa lecture d’Extinction de voix de Marie-Ève Martel que la députée de Verdun Isabelle Melançon a déposé le projet de loi 495 pour éviter les entraves au travail journalistique.

Québec : pour des séances publiques vraiment publiques

À la mi-novembre, la députée libérale de Verdun, Isabelle Melançon, a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi 495 visant à interdire aux municipalités d’expulser des citoyens des assemblées publiques sous prétexte qu’ils ne demeurent pas dans la Ville où la rencontre se déroule, mais aussi parce qu’ils captent le son ou les images de ces réunions publiques.

La mesure pourrait faire en sorte d’invalider quelque 50 règlements actuellement en vigueur au Québec par lesquels des conseils municipaux interdisent aux journalistes et/ou aux citoyens de filmer ou d’enregistrer le contenu des séances. Le tout viendrait garantir l’accès aux séances et à l’information pour la population.

L’enjeu n’a pas été débattu avant la fin de la session parlementaire, en décembre.

Le débat autour de la distribution du PubliSac est, entre autres, alimenté par des préoccupations environnementales. Pour éviter sa disparition dans plusieurs municipalités du Québec, Transcontinental a lancé une vaste offensive publicitaire.

Le débat autour de la distribution du PubliSac est, entre autres, alimenté par des préoccupations environnementales. Pour éviter sa disparition dans plusieurs municipalités du Québec, Transcontinental a lancé une vaste offensive publicitaire.

En guerre contre le PubliSac

Le PubliSac est menacé de disparition, lui qui est accroché à des millions de portes chaque semaine au Québec.

À la fin de 2018, une pétition contre le Publisac a recueilli des milliers de signatures. On évoquait que le sac de plastique et les dizaines de circulaires en papier qu’on y retrouve n’ont plus leur raison d’être puisque les rabais des marchands peuvent être consultés en ligne.

En adoptant un règlement à cet effet à la mi-août 2019, la ville de Mirabel est devenue la toute première municipalité de la province à bannir le sac publicitaire, principal véhicule de dizaines d’hebdomadaires gratuits, sur son territoire.

Un argumentaire repris par plusieurs. À l’automne, Montréal s’est aussi plongée dans la réflexion à savoir si elle devait interdire ou non le PubliSac en organisant une consultation publique sur la question.

Hebdos Québec a plaidé que l’interdiction du PubliSac représentait une « atteinte à la liberté d’expression » et menacerait la survie de la presse régionale.

Le propriétaire du sac publicitaire, Transcontinental, a lancé depuis une vaste offensive publicitaire pour faire valoir son point de vue. On fait entre autres valoir que la distribution des journaux par la poste serait beaucoup plus coûteuse et longue, et que des milliers d’emplois relèvent directement ou indirectement de la distribution du sac de porte en porte.

Hebdos Québec, dont les membres utilisent le PubliSac pour rejoindre des centaines de milliers de Québécois chaque semaine, a plaidé que l’interdiction du sac représentait une « atteinte à la liberté d’expression » et menaçait la survie de la presse régionale.

Cela n’a pas empêché les élus du comité de réflexion montréalais de recommander unanimement, en toute fin d’année, de passer à la formule « opt-in » dans la métropole. Le débat se poursuivra assurément en 2020.

Dans cet article
Défendons ensemble nos intérêts culturels et économiques.