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Les élections sont terminées. Et maintenant, que nous réserve l’avenir?

Que nous reserve l'avenir?

Écrit par
Daniel Bernhard
directeur général et porte-parole, les AMIS de la radiodiffusion
le
22 octobre 2019

Les Canadiens ont choisi d’envoyer un gouvernement libéral minoritaire à Ottawa. Qu’en sera-t-il de la redynamisation de Radio-Canada, de la protection de nos médias d’information et de nos journaliste? Et qu’en sera-t-il de notre ambition inébranlable de soutenir nos créateurs audiovisuels?

Que nous reserve l'avenir?

Après plusieurs mois de campagne, les résultats de l’élection sont finalement connus : les citoyens et citoyennes du Canada ont choisi d’envoyer un gouvernement libéral minoritaire à Ottawa.

Plusieurs personnes m’ont écrit depuis la fermeture des bureaux de vote hier soir, pour me demander ce que signifiait le résultat de l’élection pour les AMIS et les priorités qui nous occupent, notamment, la revitalisation de Radio-Canada, la défense de nos médias d’information et de notre journalisme, et le soutien à la fois ambitieux et inébranlable de nos récits et de leurs créateurs. Nous en sommes encore seulement aux premiers jours, mais je peux tout de même vous partager quelques-unes de mes premières réflexions :

Au cours de leur premier mandat, les libéraux ont passé un temps énorme à se trainer les pieds à propos de plusieurs enjeux d’une importance cruciale et ayant d’importantes répercussions sur la culture, la souveraineté culturelle et la démocratie canadiennes. Au lieu d’exiger que les diffuseurs numériques comme Netflix investissent dans la production de contenu canadien au même rythme que tous les radiodiffuseurs du Canada, les libéraux ont plutôt choisi de mettre sur pied un comité d’experts afin de repousser le moment d’agir jusqu’après les élections. Semblablement, le premier gouvernement de Justin Trudeau n’a eu aucun mal à faire énormément de bruit lorsqu’il était question de la nécessité de tenir les plateformes comme Facebook responsables du contenu illégal diffusé sur leurs pages, mais les actions concrètes ne pouvaient avoir lieu qu’après les élections.

Si ces tactiques visant à retarder le moment d’agir étaient à l’époque fort décevantes, la bonne nouvelle est que « l’après-élection » est enfin arrivé. Étant réélus, les libéraux n’ont maintenant plus d’excuses pour repousser le moment d’agir. De plus, le NPD, qui détient maintenant la balance du pouvoir au Parlement, s’est clairement positionné en faveur de nos priorités. La situation devient donc favorable à ce que nos demandes soient discutées et traitées sérieusement à la Chambre des communes.


Radio-Canada

Les libéraux ont certes augmenté le financement de Radio-Canada en 2016, mais cette augmentation n’était que temporaire. Sans action de la part du gouvernement, le financement de la SRC retombera d’ici 2021 au niveau où il se trouvait à l’ère Harper. Le Parti libéral aurait très bien pu promettre de rendre ce financement permanent, mais la question du financement de Radio-Canada était manifestement absente de son programme électoral.

Les AMIS ont maintenant pour priorité d’inciter le nouveau gouvernement libéral à rendre permanente l’augmentation du financement de 2016. C’est un objectif qui est d’autant plus important que le programme électoral des libéraux promettait d’améliorer le service des stations locales de la SRC. Il va sans dire que ces améliorations, qui sont par ailleurs les bienvenues, couteront un certain montant et le gouvernement devrait affirmer clairement que ces obligations nouvelles seront accompagnées par un financement supplémentaire afin de les soutenir.


Netflix / La Loi sur la radiodiffusion

La plateforme libérale promettait d’exiger que les diffuseurs comme Netflix « contribuent de manière significative » au contenu canadien. Et à combien peut-on chiffrer ce montant « significatif » ? L’usage de ce terme vidé de tout sens semble malheureusement délibéré.

Pour les AMIS, il est impératif que les radiodiffuseurs numériques soient tenus de respecter les mêmes contraintes de financement de contenu que les radiodiffuseurs canadiens : ni plus ni moins. En d’autres mots, il ne s’agirait plus d’une contribution « significative », mais équitable. La Loi sur la radiodiffusion étant actuellement à l’étude, le nouveau gouvernement aura en fait pour tâche de déterminer si la radiodiffusion canadienne a encore un avenir — ou encore pourrait-il décider de tendre la main à Netflix, Amazon, Disney et autres géants du visionnement en ligne de ce monde afin que ceux-ci puissent achever leur pillage de nos écrans.


Journalisme et démocratie

S’il ne promettait pas de mettre un terme à l’échappatoire fiscale qui envoie chaque année 1.6 milliard de dollars de fonds publics dans les poches d’entreprises comme Google et Netflix, le programme électoral des libéraux s’engageait tout de même de manière assez claire à tenir ces géants du Web responsables du contenu illégal publié sur leurs plateformes - comme lorsque le massacre de la mosquée de Christchurch fut diffusé en temps réel sur Facebook, par exemple. Cet engagement est malgré tout fort louable et nous avons l’intention d’inciter le gouvernement à y donner suite sans délai.

La plateforme libérale promettait également de mettre en place une taxe de 3% sur les revenus des géants du Web. Bien qu’insuffisante, cette initiative est tout à fait la bienvenue. Par contre, la déductibilité de dépenses publicitaires numériques faites à l’étranger étant toujours problématique, nous allons continuer de pousser le gouvernement à colmater la brèche fiscale de la publicité en ligne, une bonne fois pour toutes.


Un gouvernement minoritaire à la Chambre des communes

Bien que le gouvernement libéral ne se soit pas véritablement engagé à répondre à toutes nos demandes, le NPD et les verts ont pour leur part accepté de le faire, et ce sont maintenant eux qui détiennent la balance du pouvoir au Parlement.

Les gouvernements minoritaires peuvent être efficaces, mais s’ils veulent tenir plus que quelques mois, les libéraux devront accepter de mettre en œuvre un programme auquel le NDP et (dans une moindre mesure peut-être) les verts pourront adhérer. C’est ici que les choses deviennent intéressantes.

Il nous incombe maintenant de nous assurer que l’avenir de la radiodiffusion publique, la survie des médias canadiens et la santé de notre démocratie figure sur la liste des points de négociations entre les partis, ce que nous parviendrons à accomplir en maintenant la pression et en rappelant à tous les partis les promesses qu’ils ont faites pendant la campagne.

Nous aurons du pain sur la planche pour les années à venir. Au travail!

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