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Une organisation efficace nécessite un radiodiffuseur public fort

Une organisation efficace nécessite un radiodiffuseur public fort

Écrit par
Olivia Chow
le
12 novembre 2019

L'ancienne députée Olivia Chow discute de son travail de formation en organisation et en leadership à l'Institute for Change Leaders. Elle souligne aussi le rôle important que joue la SRC dans nos communautés en inspirant la population à s’impliquer et en solidifiant les liens entre les gens d’origines différentes.

Une organisation efficace nécessite un radiodiffuseur public fort

Olivia Chow pendant un cours à l'Institute for Change Leaders.

Au cours des trois dernières années, j'ai animé des sessions de formation sur le leadership, l'organisation et l'action avec l'Institute for Change Leaders, et travaillé avec des milliers d'étudiants pour leur enseigner les compétences nécessaires pour s'impliquer et apporter de réels changements dans leurs communautés.

Les étudiants apprennent d’un programme détaillé sur la manière de recruter des volontaires, d’élaborer des stratégies, de choisir des tactiques et de former de nouveaux leaders. Mais au cœur de notre approche, la toute première chose que nous enseignons à nos étudiants est le pouvoir et l’importance de la narration.

Les histoires peuvent transformer le désespoir en espoir, créer des liens entre des individus disparates et réveiller de nouvelles sources de pouvoir. Nous avons été témoins de ce pouvoir lors des grèves climatiques mondiales dirigées par des jeunes qui ont eu lieu le mois dernier et qui ont été déclenchées par la jeune adolescente suédoise Greta Thunberg, qui raconte clairement le récit d’une génération trahie par ses aînés et ne voulant plus attendre de passer à l’action.

Au cœur de notre approche, la toute première chose que nous enseignons à nos étudiants est le pouvoir et l’importance de la narration.

Le cadre de narration que nous enseignons suit un modèle simple: « Voilà qui je suis, voilà le défi que nous avons en commun et voici ce que nous allons faire pour y remédier. » Nous enseignons l'importance de la communication en face à face, mais parfois, les activistes et les organisateurs ont besoin d’autres outils pour partager leur histoire avec un public plus large, développer leur communauté et renforcer leur pouvoir. Dans ces circonstances, l’existence d’un radiodiffuseur public fort au Canada a été essentielle pour obtenir un réel changement.


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J'ai perdu le compte du nombre de fois où j'ai entendu un reportage à la SRC qui m'a inspiré à agir, qui m'a amené à me sentir membre d'une communauté plus large, ou qui m'a aidé à comprendre et à compatir avec quelqu'un ayant un vécu complètement différent.

Cela ne devrait pas être une surprise. La Société Radio-Canada a été construite par des gens qui croyaient profondément que le pouvoir de la narration, exploité avec de nouvelles technologies de la radiodiffusion, pourrait renforcer notre sens de la communauté et élargir le potentiel de notre démocratie.

Ces pionniers pensaient que si les radiodiffuseurs opéraient uniquement dans un but lucratif, ceux qui avaient moins d'influence seraient inévitablement négligés et ignorés, ce qui porterait atteinte au bien public au profit du pouvoir privé. Graham Spry, un ancien membre du FCC, parfois appelé le père de la radiodiffusion publique canadienne, a plaidé en faveur de la création de la SRC dans les années 1930 sur les bases suivantes :


Laissons les ondes demeurer la prérogative d’intérêts commerciaux et soumises au contrôle commercial, et voyons de quelle liberté jouiront la voix et le cœur de la démocratie. Le maintien et l’extension de la liberté, le progrès, l’intégrité de l’éducation, exigent que la responsabilité de la radiodiffusion soit remise à la volonté populaire. La liberté ne peut être complète, ni la démocratie suprême, si les intérêts commerciaux dominent cette ressource vaste et majestueuse de radiodiffusion.


Bien entendu, la radiodiffusion d'aujourd'hui est bien différente de celle de 1931, mais la domination des intérêts commerciaux et les dommages qui en résultent pour la démocratie canadienne sont toujours d'actualité. Nous pouvons constater cet effet dans le déclin par centaines de journaux et de radiodiffuseurs locaux au Canada au cours des dix dernières années, victimes de la consolidation et de la réduction des effectifs des entreprises.

Il est essentiel d’attribuer un chiffre à la disparition des médias régionaux, et il y a des initiatives telles que le Local News Research Project (Projet de recherche sur les nouvelles locales) pour dénombrer chacune de ces fermetures, mais au final, les mesures prises ne sont pas quantifiables. Ces communautés sont privées de plus que des sources clés de responsabilité publique : elles perdent également les plateformes qui les aident à comprendre leurs défis communs, les aident à localiser le pouvoir et à faire le choix de lutter pour le changement.

Dans les différentes collectivités du Canada, la Société Radio-Canada est souvent une narratrice indispensable des reportages qui aident les gens à passer à l’action.

Ces réflexions indiquent un besoin clair et permanent d'existence de la SRC. Dans les communautés individuelles à travers le Canada, il est souvent indispensable de raconter des histoires qui aident les gens à passer à l'action. Il peut s’agir de grandes histoires de corruption officielle, telles que les exposés d’Enquête sur le crime organisé dans l’industrie de la construction au Québec; une histoire locale sur un passage à niveau dangereux qui aide à galvaniser un mouvement pour améliorer les mesures de sécurité; ou des récits sur la crise climatique qui aident les communautés à se comprendre comme faisant partie d'une lutte plus vaste qu'aucun pays ne peut affronter seul.

Chaque progrès réel dans ce pays, de la médecine socialisée au suffrage universel, en passant par l'égalité dans le mariage et au-delà, vient du fait que les citoyens ordinaires se rendent compte qu'ils sont confrontés à des défis communs et s'unissent pour obtenir le changement dont ils ont besoin. Tant que les gens restent isolés et aliénés, incapables de se voir eux-mêmes ou de faire face à leur propre lutte dans le cadre d'une histoire collective plus vaste, aucun changement réel ne peut avoir lieu. La lutte pour bâtir et renforcer le radiodiffuseur public canadien est motivée par le désir de surmonter cet isolement et cette aliénation; ou, pour reprendre les termes de Spry, « permettre à différentes parties du Canada de faire part de leurs espoirs et de leurs problèmes aux autres ».

Dans le meilleur des cas, la SRC peut être une voix pour ces histoires qui ne seraient jamais autrement racontées, des histoires enracinées dans des expériences locales et des défis communs, et représentatives de diverses perspectives. Et elle peut offrir une évaluation honnête de qui est responsable des défis auxquels sont confrontés les Canadiens ordinaires, afin que les personnes qui luttent pour le changement sachent où adresser leurs revendications.

De Yellowknife à Charlottetown, le besoin d'une radiodiffusion publique forte et dotée de ressources suffisantes n'a jamais été aussi grand. Notre capacité à relever nos plus grands défis communs repose en partie sur le fait que la SRC jouit du soutien, de l’indépendance et du financement public dont elle a besoin pour être la voix et la plate-forme des Canadiens ordinaires se battant pour un pays meilleur.

L'Institute for Change Leaders célèbre son troisième anniversaire le mardi, 18 novembre à 18h à l’atrium Sears du George Vari Engineering and Computing Centre de l’Université Ryerson, 245, rue Church, à Toronto. Il y aura des conférenciers invités, des prix d’excellence des anciens étudiants et une vitrine du travail des anciens participants dans plusieurs domaines : la narration, les victoires stratégiques, l'esprit d'équipe et la jeunesse. Joignez-vous à nous! Les billets sont gratuits et disponibles ici.

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