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Décrypteur politique n° 2: Notre souveraineté culturelle et notre identité

Pourquoi protéger nos récits, c’est se protéger nous-mêmes.

Si vous avez déjà vécu au Canada, vraiment vécu ici, vous l’avez ressenti : la force tranquille de nos récits. Elles se manifestent là où on ne les remarque pas toujours :

Une voix de Radio-Canada qui nous semble familière,

Un journaliste local bravant la tempête pour répondre aux questions de sa communauté,

Une chanson qui sonne indéniablement comme chez nous,

Un film qui saisit cet humour, cette bonté ou ces conflits si particuliers, que seules nos communautés peuvent comprendre.

Depuis des générations, ces récits nous ont façonnés.

Ils nous aident à mieux nous comprendre.

Ils nous rappellent notre appartenance à un même territoire, malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent.

Mais aujourd’hui, ce ciment culturel, qui nous unit si discrètement, est plus fragile qu’on ne le croit.

🌾 Ce que signifie réellement la souveraineté culturelle

Chez les Amis des médias canadiens, nous croyons en l’importance de la souveraineté culturelle du Canada, c’est-à-dire notre capacité à raconter nos propres histoires, avec notre propre voix et selon nos propres termes.

Parce que lorsque nos récits disparaissent dans le brouhaha des plateformes numériques étrangères, nous disparaissons nous aussi.

La souveraineté culturelle signifie :

  • Garder le contrôle sur nos propres récits.
  • Protéger nos créateurs et créatrices ainsi que leurs moyens de subsistance.
  • S’assurer que nos jeunes grandissent en se voyant représentés sur leurs écrans.
  • Maintenir un journalisme fiable qui reflète nos communautés.
  • Protéger les voix autochtones, francophones et de la diversité.
  • Préserver ce qui nous rend uniques et unis.

Il ne s’agit pas de fermer nos frontières au monde, mais plutôt de ne pas s’y fondre, de ne pas perdre notre place.

⚠️ Comment nous avons perdu du terrain : discrètement, rapidement et de façon dramatique

Au cours des deux dernières décennies, un phénomène subtil, mais puissant, s’est produit.

Les géants du web étrangers se sont introduits dans nos espaces culturels.

Ils ne sont pas arrivés avec des documents officiels ou des annonces publiques ; ils se sont insidieusement glissés dans nos téléphones, nos fils d’actualité, nos cycles d’information et nos foyers.

On a apprécié la commodité.

On a savouré ce nouveau mode de connexion instantanée.

Mais petit à petit, nous avons cédé quelque chose de crucial :

Le contrôle.

Nous pensions que nos journaux locaux ne disparaitraient jamais.

Nous pensions que nos diffuseurs resteraient forts coûte que coûte.

Nous pensions que les conteurs d’ici continueraient de prospérer.

Mais un à un :

  • Les salles de nouvelles locales ont fermé.
  • Les budgets de la radiodiffusion publique ont été réduits.
  • Le contenu canadien est devenu plus difficile à trouver.
  • Les algorithmes ont enterré nos reportages.
  • Les plateformes américaines ont commencé à dicter ce que les Canadiens et Canadiens voyaient et ce qu’ils ne voyaient pas.

Pendant ce temps, le secteur technologique américain s’est allié à un mouvement politique qui remet en question la légitimité même du contrôle du Canada sur son espace culturel.

Soudainement, les menaces dont on avait parlé n’étaient plus théoriques.

Elles étaient bien réelles.

📰 La culture, un rempart démocratique

La souveraineté culturelle ne se limite pas à l’art, au divertissement ou au patrimoine.

Elle est l’un des piliers d’une démocratie saine.

Un pays incapable de raconter sa propre histoire ne peut se comprendre pleinement.

Un pays sans journalisme fiable ne peut pas prendre de décisions éclairées.

Un pays dont les institutions culturelles s’affaiblissent devient vulnérable sur le plan politique, social et économique.

C’est pourquoi nous devons défendre la Loi sur la diffusion continue en ligne et la Loi sur les nouvelles en ligne :

  • La Loi sur la diffusion continue en ligne garantit que les plateformes mondiales contribuent au contenu canadien au lieu de simplement profiter de l’audience canadienne.
  • La Loi sur les nouvelles en ligne protège le journalisme canadien en obligeant les géants du web à rémunérer nos éditeurs de presse lorsqu’ils utilisent leur travail.

Ces deux lois sont actuellement prises en compte dans les négociations commerciales américaines et visent à être démantelées.

On doit les défendre avec acharnement.

Qui sommes-nous sans nos histoires ?

Imaginez un Canada où :

  • Nos jeunes se voient rarement à l’écran.
  • La couverture des nouvelles locales disparaît.
  • Seuls les reportages étrangers dominent nos fils d’actualité.
  • Les artistes, les cinéastes et les journalistes canadiens n’ont plus les moyens de créer.
  • Nos accents, notre humour, notre histoire s’estompent.

C’est le prix à payer quand nous perdons notre souveraineté culturelle.

Et l’inverse est tout aussi vrai :

Quand les histoires canadiennes sont fortes,

Lorsque nos créateurs sont soutenus,

Lorsque la radiodiffusion publique prospère,

Lorsque le journalisme local est financé,

Lorsque les récits autochtones sont protégés,

Lorsque nous insistons sur des exemptions culturelles dans tous les accords commerciaux, le Canada prospère.

Notre démocratie se renforce.

Notre sentiment d’appartenance s’approfondit.

Notre avenir devient quelque chose que nous façonnons, pas quelque chose qui nous est imposé.

💙 C’est le temps de faire notre choix.

Depuis plus de 40 ans, les Amis des médias canadiens œuvrent pour notre souveraineté culturelle. Nous avons plaidé, mobilisé, mené des recherches, fait campagne et défendu l’idée que le Canada devrait pouvoir raconter sa propre histoire sans s’excuser ni faire de compromis.

Aujourd’hui, ce travail est plus urgent que jamais.

Les négociations commerciales, la pression technologique mondiale, la réduction des effectifs dans les salles de nouvelles et les attaques contre la radiodiffusion publique ne sont pas des problèmes isolés.

Ils constituent une atteinte directe à notre droit de définir qui nous sommes.

On ne peut pas laisser des intérêts étrangers définir l’identité canadienne.

On ne peut pas abandonner nos protections culturelles.

On ne peut pas renoncer aux lois qui protègent nos récits.

On ne peut pas les laisser gagner.

Nos créateurs, nos journalistes, nos communautés et notre pays méritent mieux. Parce que lorsque les Canadiens et Canadiennes racontent des histoires d’ici, nous protégeons bien plus que la culture : nous protégeons notre identité.