Démystification des mythes sur nos médias: 4ème édition

On l’a tous constaté.
Un titre semble tendancieux.
Un article semble partial.
Un média privilégie un angle avec lequel nous ne sommes pas d’accord.
Et la réaction est immédiate :
« Ce sont de fausses nouvelles !»
Mais en fait, le biais médiatique et les fausses nouvelles sont deux choses différentes.
Et les confondre n’est bénéfique à personne.
Qu’est-ce qu’une fausse nouvelle?
Une fausse nouvelle est une information fabriquée de toutes pièces. C’est inventé. C’est intentionnellement trompeur.
C’est très différent du journalisme qui présente des faits, mais qui les interprète d’une manière particulière.
À quoi ressemble un biais ?
Un biais ne signifie pas toujours une information fausse.
Il peut se manifester dans :
- Le langage utilisé dans un titre
- Les personnes nommées
- Les détails mis de l’avant
- Le contexte omis
Ça ne rend pas automatiquement un article faux. Ça veut tout simplement dire qu’il reflète un point de vue.
Comme l’explique L’Encyclopédie canadienne, la partialité dans les médias implique souvent une mise en scène et une emphase, et pas nécessairement une fabrication.
Pourquoi cette distinction est importante
Si chaque information avec laquelle nous sommes en désaccord est qualifiée de « fausse », la confiance s’érode rapidement.
Il ne s’agit pas seulement de la confiance envers un média en particulier, mais de la confiance dans le journalisme dans son ensemble.
Et une fois la confiance perdue, il devient beaucoup plus difficile d’avoir des conversations constructives et nuancées sur la nature et les causes des biais médiatiques.
Une meilleure approche
Au lieu de vous demander : « Est-ce que c’est faux ?»,
Essayez plutôt de vous demander :
Quelle est la source ?
De quel point de vue s’agit-il ?
Qu’est-ce qui manque ?
Les faits sont-ils vérifiables ?
C’est comme ça qu’on s’éduque sur nos médias.
Et l’éducation aux médias renforce la démocratie.
En bref :
Biais ≠ fausses nouvelles.
Reconnaître la différence nous permet d’avoir de meilleures conversations et de bâtir un environnement médiatique plus sain. Un désaccord légitime ou une critique de la façon dont un article est présenté ne devrait pas être considéré comme de la désinformation.
Comprendre cette distinction renforce l’éducation aux médias, soutient le discours démocratique professionnel et contribue à préserver la confiance dans le journalisme légitime, même lorsque les points de vue divergent.
Chez Les Amis des médias canadiens, nous croyons que la nuance, le contexte et la pensée critique sont essentiels à un environnement médiatique démocratique sain.